Mes chambres d'hotes

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Raidlight, mon entreprise

25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:17

Quel privilège de pouvoir courir la course que l’on organise, et de pouvoir en plus la gagner… Comme au Défi de l’Oisans, je dois ce privilège à la formidable équipe d’organisation qui peut se passer de moi le temps de la course (durant la course, je n’ai pas de responsabilité dans l’organigramme). Donc merci aux bénévoles de SMAG, Raidlight, Marlhes, Véranne, Saint-Régis, et de Raidlight pour me permettre ce privilège…

 

Le parcours était déjà bien pourvu en neige hier, avec plus de 30cm de neige dure, roulante et très verglacée par endroit. Puis la neige est tombée hier soir, 5cm, mais à l’horizontale. Et ce matin, le soleil était là, sur un paysage blanc de blanc, avec vue sur les Alpes et le Massif Central : extraordinaire. De quoi accueillir au mieux nos 1.200 hôtes du Raidlight Trail Trophy pour courir les 42km / 22km / 11km.

 

Normallement je n'ai rien à faire, mais je ne peux m'empécher de superviser les détails de la mise en place avant le départ. Tout se goupille à la minute, l’arche arrive en retard, mais est montée 3 minutes avant le départ…

 

Ma course :

Ma tactique de départ : attendre sagement la mi-course dans le groupe de tête.

Résultat : au premier kilomètre à la sortie de Marlhes j’ai pris la tête, et au sommet de la première bosse cinq cent mètres plus loin, j’ai 50 mètres d’avance... Qui m’aime me suive, mais personne ne veut partir avec moi. Alors allons-y quand même… Je n’attaque pas, je fais ma course, pour 42km, sans m’occuper des autres. Et je trouve ça bien d’être « tranquille » devant : premières congères je marche, puis je relance quand il faut, ralentit, marche, recours… comme je veux. J’imagine en groupe l’énervement, la bousculade à chaque congère, doubler dans le bazar…

Parce que pour moi, dans la neige, il ne faut surtout pas s’énerver, et savoir varier le rythme en fonction du terrain. Quelques congères sont sévères avec de la neige à mi-cuisse, je marche en posant bien les pieds dans ceux du gars qui a rebalisé une heure avant. Je ne pense pas laisser beaucoup de jus à « faire la trace » par cette méthode, les dix gars derrière n’auront pas bien mieux que moi.

 

Je prends du plaisir, j’y vais comme il faut, sans me mettre dans le rouge. Arrivent les bosses de Chaussitre, mon terrain d’entraînement. Montée en rythme. Grosses de grosses congères au sommet, premières pelles, ne pas s’énerver… Je reste dans le balisage, et je vois que le groupe derrière est sortie à quelques mètres de la trace et que ça va mieux pour eux, j’en fait de même (je me cantonnais à bien être dans le balisage pour ne pas faire mauvais genre sur « mon parcours »). Je gueule quand même sur un gars qui lui est carrément à 100 mètres plus à gauche de tout le monde, qui court comme un lapin, qui gratte tout le monde san honte,  et qui en plus va gratter 200 mètres du parcours au prochain virage… Et encore il répond à distance « qu’il ne peut pas savoir où il va »: et le balisage, et tout le monde dans la trace sauf lui, ça ne le dérange pas de gruger allègrement…

 

Enfin bon. Ca descends, ça remonte, ça patine un peu, mais ça avance sur cette neige assez « sèche »… Descente de Chaussitre, point d’eau, normalement après ça va rouler dans le sous-bois glacé : et non… dans le bois la neige a humidifié la croute de glace, et on passe au travers… Même les pistes roulantes de ski de fond… ne sont pas roulantes. La descente ira surement mieux : neige à mi-cuisse par endroit… Quand à la remontée et au passage « trappeur » ( 500 mètres hors chemin à travers la forêt), la neige est croutée, et ça enfonce à chaque pas… J’ai la forme, personne derrière mais ça n’avance pas bien vite.

 

Décision de raccourcir le parcours :

Au 25ème km, je regarde ma montre: il est déjà 12h30! on avait mis la barrière horaire au prochain ravito à 13h00 !!! Plus bas, je vois que certains bénévoles ont plié les gaules  vu le timing qui a deux heures de retard (on en a de toute la France), et je me rappelle aussi la météo qui doit tourner en fin d’après midi. Si la course continue pour 42km, on aura 25 classés, et 250 non classés… Si j’étais en dehors de la course, la décision de bifurquer vers l’arrivée serait clairement oui, je n’hésiterais pas une seconde.
Là le cas de conscience est que je suis en tête, et que ça peut être mal interprété ! Pourtant j’ai une bonne avance, j’ai fait la trace depuis le début, je suis frais parce que moi aussi j’ai géré jusque là pour 42km pour avoir du jus sur la boucle suivante qui devrait être « plus roulante ».

Mais je vois le bazar que cela a été la semaine dernière à Font-Romeu avec un maximum de non-classés. Le directeur de course n'est pas là, il gère la course des coureurs de tous les niveaux, et c'est bien comme cela que nous voyons les choses chez SMAG (je le préfère à St-Régis un peu plus tard pour gérer un rapratriement médical que sur l'avant de la course en permanence). Je sonde le chef de poste du ravito qui me dit qu’au point d’eau 10km derrière beaucoup étaient déjà épuisés. Son adjoint me dit que ce serait une sage décision, vu l’heure et le retard de deux heures. Personne ne veut prendre la décision : je la prends, je décide qu’il faut shunter la dernière boucle et rentrer directement.

Je rappelle mes motivations :

-          nous avons 2 heures de retard sur le planning à cause de la neige pourrie qui n’était pas prévisible puisque tombée hier soir de nuit, et qui a modifié toute la configuration depuis le balisage. (nous avons aussi repoussé le départ de 15 minutes suite aux conditions de route difficle pour rejoindre Marlhes ce matin).

-          cela engendrerait de mettre hors course les ¾ des coureurs

-          certains bénévoles n’ont pas la disponibilité de rester 3 ou 4 heures de plus que prévu (et oui, ce sont des bénévoles… Merci à eux d'être déjà là). Sans compter la non-disponibilité éventuelle de la sécurité civile, et du médecin.

-          La météo est incertaine en fin d’après-midi (voir le bulletin météo d’hier soir).

 

Alors je choisis avant tout la sécurité, et en second lieu la satisfaction du maximum de coureurs. J’ai ma conscience pour moi, et je laisse les « qu’en dira-t-on » de coté (de toute façon, qu’on fasse blanc ou noir, il y en a toujours pour donner des leçons stériles). Était-ce de ma responsabilité ? Je suis président de l’association organisatrice: en cas de problème ou d’accident, « on » (justice, gendarmerie) saura bien venir me trouver des responsabilités, donc je les prends en mon âme et conscience.

 

A l’arrivée, je questionne les coureurs dans les dix premiers, et je n’entends qu’un seul commentaire : sage décision… J’entends aussi  que chacun aurait géré sa course différemment s’ils avaient su. Oui moi aussi si j’avais su, mais j’ai vu et analysé cela au 25ème km. Aussi,  si on avait su que la neige avait tourné comme ça suite aux chutes d’hier soir, on aurait pris cette décision avant le départ.

En tout cas, même si la décision a été tardive, tous les coureurs ont fait la course sur un pied d’égalité sportive.


info ajoutée le 27/01 au message initial : info que j’ai eu ce matin au sujet de la sécurité : à 15h05, le médecin embauché sur la course a annoncé qu’il devait partir comme convenu (à 15h00), parce qu’il avait autre chose derrière. Il restait 1 concurrent sur le circuit qui est arrivé 5 minutes après.
En tant qu’organisateur (moi ou un autre), je n’aurais pas ""aimé"" qu’il reste  50 ou 100 concurrents exténués dans la nature alors que le médecin partait, comme convenu dans son contrat).


 

L’arrivée victorieuse.

Reste cinq kilomètres en single track, les dépassements des concurrents du 22km sont un peu laborieux, pas facile dans la cote bien raide de dire « pardon excusez moi je souhaiterais vous doubler »… Je n’ai personne derrière, j’essaye de ne pas trop bousculer (je prie ceux que j’aurais bousculé de m’excuser). Je franchis donc la ligne en vainqueur. Content, comme après un bon travail d’accompli. Mais je n’ai pas encore le temps de savourer, l’organisateur reprends le dessus, superviser les classements, la remise des prix, la presse…
15h10 : le serre-file arrive avec les derniers, c'était l'horaire prévu.
16h30 : enfin la bière et la tartiflette !

 

Maintenant repos après cette « campagne hivernale », et cap sur l’ECO-Trail de Paris (80km avec arrivée au 1er étage de la Tour Eiffel). Après une dizaine de jours de récup, je prévois 6 semaines d’entrainement hybride 100km / Trail. Si le moteur est toujours là : motivation et plaisir.

Clas Nom Prénom temps
1 LAVAL Benoît 03:34:21.63
2 MAJEWSKI Alexandre 03:38:06.12
3 ANTOLINOS FABIEN 03:38:50.63
4 GUICHARD GILLES 03:38:58.57
5 BOUTES Fabrice 03:39:00.52
6 VIERDET Damien 03:39:52.96
7 PELISSIER FABIEN 03:40:53.30
8 JOUVANCE Stephane 03:40:56.24
9 BEUZEBOC Laurent 03:44:47.64
10 GAULT Emmanuel 03:45:31.14

résultats complet : www.raidlight.com, rubrique Raidlight Trail Trophy

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Published by Benoit LAVAL - dans Courses
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commentaires

Vincent 04/02/2009 11:32

Chapeau au coureur, très en forme cette année. Chapeau à l'organisateur, quand on est fasse à de tels choix, on sait qu'on fera forcément des mécontents, ce n'est donc pas cela qui doit guider mais bien la sécurité, il me semble aussi que c'était la bonne décision. Le problème qui se pose, reste donc de savoir si un organisateur à sa place ou pas dans sa course.A mon avis, quand tu organises une course tu dois être en situation de prendre une décision de façon libre et impartial (et surtout que cette impartialité ne puisse pas être remise en cause).En résumé je mettrai en avant le sacro-saint principe: "tu ne dois pas être juge et parti". Ca me semble être une base à respecter en permanence.Conclusions: tes choix était les bons, ta victoire incontestable, c'est ta situation d'organisateur-participant qui était mauvaise.PS:la situation me semble légèrement différente sur le tour de l'oisans. La compétition est vécue d'une façon très différente par les participants qui viennent prendre part à une semaine de "vacances-passion" plus qu'a une réelle course me semble t-il.

Benoit LAVAL 04/02/2009 18:14


Dans l'organisation le jour J, JE NE SUIS PAS ORGANISATEUR:
- il y a (entre autres responsables) un directeur de course
- et ce n'est pas moi non plus l'organisateur officiel "qui signe le dossier en préfecture".

Cette image d'organisateur, c'est l'image que le public s'en fait.
Officiellement, je suis Président de l'association SMAG organisatrice, mais sans responsabilité directe sur la course. On me voit aussi beaucoup parce que je suis le sponsor principal, et
coureur.

Après, je suis bien d'accord que si j'ai pris la décision, c'est bien qu'implicitement je joue un role, et on peut me reprocher d'avoir outrepassé le droit de "l'organisateur".
Alors pourquoi ai-je agi ?
Parce que je ne vais pas laisser la course et l'organisateur aller dans le mur, si je vois qu'on va droit dedans d'un point de vue sécurité particulièrement...
Puisqu'il semble que sur le fond j'ai pris la bonne décision, j'aurais regretté de ne pas le faire, surtout si un accident était arrivé à un moment où le plan de sécurité n'était plus respecté. Je
l'aurais regretté fortement, même si je n'étais pas l'organisateur.

Sur cette course, je ne suis pas l'organisateur, ni le messie.
Le 22km fait une erreur de parcours "si Benoit avait été là", il manque de l'eau à tel ravito : "si Benoit avait été là", il manque des infos au speaker pour l'arrivée "si Benoit avait été là"...
NON : je n'ai pas réponse à tous les problèmes. NON: il y a une équipe avec des responsables, et je souhaite en tant que Président que chacun assume ses responsabilités, il n'y a pas de messie qui
fait tout. En tout cas ce n'est pas moi.

En étant coureur, je me suis aperçu de plein de détails qu'on ne peut percevoir si on ne court pas. Aurais-je vu les mêmes choses en étant extérieur, aurai-je pris cette décision, aurais-je fait
l'erreur de ne pas la prendre... ? Je n'en sais rien.


yvan 03/02/2009 06:19

BonjourJ'ai lu avec interet le compte rendu de Benoit ainsi que les commentaires plus ou moins enflammés qui ont suivi...Tel un randonneur passant devant un cairn,j'aimerais apporter ma petite "pierre" à la discussion. Si on part du fait que étant donné les conditions ,raccourcir le tracé était la bonne solution,il me semble qu'il ne reste qu'une seule question à se poser pour faire avancer le débat ( et peut etre évoluer vers une encore meilleure organisation ):-La meme décision aurait elle été prise si Benoit n'était pas arrivé en tête de la course à ce ravito du 27e km ?(Aux dires de Benoit ( ici ou sur Kikourou ) c'est lui seul qui a pris la décision.Donc les premiers auraient ils été déroutés ?)Si la réponse est non, cela peut signifier que la participation à la course de l'organisateur ( et décisionnaire ) engendre un défaut d'organisation ( au moins pendant le temps de la course...)Si la réponse est oui, le débat est clos pour moi...Voila c'était ma contribution ( j'espere objective ) à cette discussion...Yvan

caroandseb 29/01/2009 21:02

Le trail a beaucoup changé...en effet... "L'Esprit Trail" a disparu de beaucoup d'épreuves. C'est la rançon du succès... Reste la charte du traileur, à lire ou relire... et puis les traileurs de la première heure, qui te soutiennent Benoît, à 100%. Très bonne continuation.

Raph 29/01/2009 17:54

Quand je lis tous ces comm, ça me dégoute des trails de ce niveau.... et le plaisir de courir en pleine nature??? vive le sport nature sans prise de tete !!

Pascal 28/01/2009 22:36

Nul doute de vos qualités d' athlète, de chef d' entreprise et d' organisateur. Ceci dit, cela aurait été effecivement une plus grande victoire pour vous, si vous aviez stoppé votre course au moment où vous avez pris la décision de raccourcir. Je comprends votre envie d' aller au bout, notamment eu égard à votre travail prélable, mais on ne peut être juge et parti. Vous en tirerez focrément des enseignements pour la suite.

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